Rejet des eaux usées à Paris : ce qui est interdit
À Paris, tout ce qui part dans l’évier ou les toilettes n’est pas automatiquement autorisé au réseau public : les eaux usées « domestiques » (WC, évier, douche) le sont sans formalité, mais les eaux « autres que domestiques » — celles d’une activité professionnelle — exigent une autorisation préalable du maire, et une liste précise de produits est interdite au tuyau, lingettes et huiles alimentaires en tête. Voici l’état du droit et de la réglementation locale au 31/08/2026.
Le principe national : toute eau « non domestique » doit être autorisée

Le cadre est posé par l’article L1331-10 du Code de la santé publique (LEGIARTI000023245101, en vigueur, relevé le 31/08/2026) : tout déversement d’eaux usées autres que domestiques dans le réseau public doit être autorisé préalablement par le maire, ou le président de l’établissement public de coopération intercommunale, après avis de la structure en charge du transport et du traitement en aval. Cet avis doit intervenir sous deux mois, prorogeable d’un mois ; si rien n’arrive dans les quatre mois suivant la réception de la demande, l’autorisation est réputée accordée par silence de l’administration.
L’autorisation ainsi délivrée n’est pas une simple formalité : elle fixe une durée, des caractéristiques exigées pour l’effluent rejeté, des conditions de surveillance, et peut être conditionnée à une participation aux frais d’entretien du réseau. Les eaux usées domestiques classiques, elles, relèvent du régime général du raccordement (L1331-1 CSP) et n’ont pas besoin de cette autorisation spécifique.
À Paris : ce que dit le règlement d’assainissement 2025
Le règlement d’assainissement de Paris, édition 2025, est effectif depuis le 01/01/2026. Le PDF officiel n’a pas pu être lu littéralement (format image sur cdn.paris.fr) : les éléments qui suivent viennent de la page de synthèse HTML de la Ville de Paris, relevée le 31/08/2026 — c’est donc « selon la page de synthèse de la Ville de Paris », et non « le règlement dispose que ».
Selon cette synthèse, sont interdits au réseau :
- Les lingettes, y compris celles annoncées « biodégradables »
- Les hydrocarbures, acides, cyanures et sulfures
- Les produits radioactifs
- Les déchets solides, même après broyage
- Les huiles alimentaires usagées, qui relèvent d’une collecte séparée obligatoire
Pour les professionnels, la synthèse mentionne une obligation de disposer d’un « système de prétraitement adapté à la nature de leurs eaux usées », avec un justificatif à produire chaque année.
Le cas du bac à graisse : une obligation locale, pas nationale
Aucun texte national n’impose nommément un bac à graisse à un restaurant. L’obligation résulte d’un empilement de textes locaux. À Paris, l’arrêté du 20 novembre 1979 (LEGITEXT000006070308, en vigueur au 30/08/2026), en son article 30, prévoit que « les fosses septiques, chimiques ou appareils équivalents, ainsi que les bacs à graisse, doivent être régulièrement entretenus ». Cet article impose l’entretien d’un bac déjà en place, pas son installation. La norme technique NF EN 1825-1/-2 encadre la conception de ces bacs, mais elle n’est pas en elle-même une source d’obligation légale. Aucune périodicité de vidange chiffrée n’a été retrouvée dans un texte national : mieux vaut ne jamais présenter un rythme précis comme une obligation légale. Pour aller plus loin sur l’entretien de ces équipements, voir le débouchage d’un bac à graisse à Paris.
Ce qui est risqué en cas de rejet non autorisé
Le régime de l’article L1331-10 CSP repose sur l’autorisation préalable : son absence expose à une action de la collectivité, sans qu’un montant chiffré officiel n’ait été trouvé pour ce cas précis dans les sources consultées. À titre de comparaison, la sanction voisine du défaut de raccordement obligatoire (L1331-8 CSP) prévoit une majoration de la redevance d’assainissement pouvant aller jusqu’à 400 % — un taux relevé à ce niveau depuis la loi Climat et Résilience n° 2021-1104 du 22/08/2021, qui a remplacé l’ancien taux de 100 %. Cette majoration n’est pas recouvrée si la mise en conformité intervient dans les 12 mois.
Le Fil d’Eau informe sur la réglementation applicable à Paris ; nous ne réalisons ni intervention ni devis. Pour tout rejet professionnel, l’autorisation préalable et son suivi relèvent de la Section de l’Assainissement de Paris (coordonnées sur paris.fr).
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La rédaction du Fil d'Eau écrit sur la plomberie et l'entretien de la maison, avec un intérêt pour les solutions pratiques de débouchage de canalisation. Elle rédige les articles publiés sur le site.